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Monastère de Tibhirine

En 1843, des moines cisterciens-trappistes de l'Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle fondent une abbaye à Staouëli, en Algérie, en vue de former la population aux techniques agraires modernes. L'abbaye de Staouëli, et son exploitation agricole, se développent rapidement. Mais en 1904 les moines quittent le pays en raison de difficultés à rentabiliser le domaine et par crainte de la loi française sur les associations, votée en 1901, qui limite les droits des congrégations religieuses.

En 1933-1934, des moines trappistes de l'Abbaye Notre-Dame de Délivrance (Rajhenburg, Slovénie), se rendent en Algérie. Les moines gagnent Fort Alger en passant par différentes abbayes, Notre-Dame-des-Dombes et Notre-Dame-d'Aiguebelle. Parmi eux on peut citer, le Père Marcel (né à Taisey qui fait partie de Saint-Rémy, en Saône-et-Loire, en 1868) et le Père Berchmans (Joseph Baillet) et son frère le P. Benoît (Stanislas Baillet). La communauté vit dans un refuge monastique à Ouled-Trift, qui est ensuite transféré, en 1935, à Ben-Chicao, à 20 km de Médéa et à 100 km au sud d’Alger, dans le massif montagneux de l'Atlas.

En 1938, l'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle devient l'abbaye mère de cette communauté. Les moines fondent le monastère Notre-Dame de l'Atlas, le 7 mars 1938, près du village de Lodi fondé par des colons en 1848, dans le domaine agricole de Tib-Harine, devenu Tibhirine après 1962 (T-Harine signifie « Jardins » en berbère et plus précisément Jardin potager: ce nom évoque les « jardins en escaliers » autour du monastère, irrigués par un bassin). C'est une grande maison de campagne, une ferme, qui est dominée par la Forêt de Tibhirine. La communauté compte tout d'abord treize moines dont quelques-uns étaient déjà présents à Staouëli.

La grande croix de la fondation fut érigée dans le préau le 7 mars 1938 en la fête des Saintes Félicité et Perpétue. Le 17 août 1939, les frères Céléstin et Eugène, du monastère de Tibhirine, vont chercher dans le cimetière de l'ancienne Abbaye de Staouëli une grande statue de la Vierge. Celle-ci est représentée enceinte, surmontant un croissant de lune, la tête couronnée de douze étoiles (Vierge de l'Apocalypse). Ils la ramènent à Tibhirine et la fixent au rocher Abd el-Kader, dans la montagne, où elle est bénie le 8 septembre, fête de la Naissance de la Vierge. Ils sont vingt en 1939 et vivent principalement de la vente des produits de la vigne.

Le monastère reçoit le statut d'abbaye le 26 septembre 1947. Le premier abbé en est dom Bernard Barbaroux, ancien abbé de Maguzzano : il reçoit la bénédiction abbatiale le treize octobre, avec la crosse abbatiale de l'Abbaye de Staouëli, datée de 1856, ce qui exprime la filiation directe de la nouvelle Trappe. Amédée Noto et un autre novice prononcent ensuite leurs vœux. Pendant la guerre, les habitants du Tamesguida descendent de la montagne par crainte des troubles et s'installent peu à peu aux alentours et sous la protection du Monastère, ce qui contribue au développement du village de Tibhirine. Les moines sont une trentaine en 1951 et environ vingt-cinq ensuite, c'est-à-dire bien moins qu'à Staouëli.

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